Brodka : LAX. Ou comment se mettre à écouter de la musique Polonaise.

Image

Je ne sais plus vraiment comment j’ai déniché cet EP. Sur quelque site, à un moment de perdition peut être, la couv’ me faisant sûrement de l’œil. Je l’ai donc sagement écouté, sans préjugés, sans à priori. Parce que je croyais avoir affaire à un groupe Indé New Wave avec des bouts d’Electro « pour être dans l’ère du temps » qui avait trouvé un titre coule pour son dernier bébé : LAX.

Pour que rien ne gâche cette éventuelle écoute que vous vous apprêtez à faire, je vous propose l’un des titres de l’EP, intitulé « Dancing Shoes », et de cliquer sur PLAY tout de suite, quitte à lire la suite de l’article en même temps :

 

Car pour ma part ce fut plaisant. Le clip joli, gentiment hipster, ambiance volontaire « le ridicule ne tue pas » tourné en absurde. Je me demandais cependant s’il fallait porter plus d’attention à la musique qu’à la voix (ce qui est parfois le cas avec des samples electro de ce genre : mettent-ils l’instru ou la voix en premier plan ?). Puis il est venu le moment fatidique où, par pure naïveté, j’ai tapé « Brodka » dans mon moteur de recherche. Et là tout à coup, j’ai vu la vérité.

Non rien de rien, je ne regrette rien : c’est juste que parfois il est mieux de ne pas savoir d’où ça vient et d’aveuglément apprécier la musique. En l’occurrence, Brodka n’est pas le nom d’un collectif à la mode venu d’un pays nordique, non non. Brodka, c’est le nom de famille d’une jeune Polonaise, de son prénom Monika, ancienne gagnante d’une émission de télévision à la sauce American Idol.  Evidemment, d’ordinaire, Brodka chante en Polonais, et l’on vient sans le vouloir à la comparer à des gagnantes de Starac ou d’à la recherche de la nouvelle star.

Oui ça m’a un peu fait tiquer. Mais j’avais pas mal apprécié le rythme ultra dansant, les différents beats, leurs combinaisons et surtout l’association pop et gémissante de la voix de Brodka qui accompagne crème l’ensemble musical. Ouai tout ça. Pour conclure, j’espère que vous vous attendiez à pire en lisant le titre. Comme ça la fin vous rassure. Un peu.

Pour (éventuellement) aller plus loin, Brodka en écoute ici.

Publicités

Lady : « Money ». Même mon chat a kiffé.

Image

Petite déviation vers la Soul avec ce duo d’outre Atlantique appelé Lady. Je dirais même rétro-soul avec des sonorités carrément R&B 50’s/60’s : rien d’effrayant, au contraire, c’est même très écoutable (pour les plus sceptiques..)

Les voix de deux Ladies conjuguées, Nicole Wray et Terri Walker, l’une venue des États Unis, l’autre British, dans une track que je qualifierais de plaisante, ensoleillée, légèrement pop dans son esprit soul de base. Un piano d’humeur classe, une pincée de guitare très estivale, des voix vieille école revisitée, qui font toute l’âme de « Money ».

Premier aperçu convaincant. Et un bon point.

Voir même une grande image.

 

Il est parfaitement autorisé de noter cette chanson, juste ci dessous :

« Myth » de Beach House : voyage onirique

Beach House, Bloom  – cover artwork 2012

Oui, le quatrième album du duo américain Beach House est sorti en mai dernier, mais la redécouverte de cet album m’oblige à le faire partager à quiconque ne l’a pas encore écouté, surtout à l’approche des tops de fin d’année dans lesquels Beach House risque d’être omniprésent.

En ouvrant l’album, « Myth« , la plus belle chanson, donne le rythme d’un voyage onirique bouleversant et captivant, dramatique et poignant, où chaque chanson ressemble à un périple stimulant votre imagination. Sans doute une des plus belles pièces de l’année.

[Version iPhone/iPad : ExtraitChanson en entier]

Merci de noter cette chanson ci-dessous :

Nouvel EP des Dum Dum Girls : la sombritude d’End Of Daze

Image

Effusion de féminisme pour le quatuor pop, venu de sous le soleil de Californie. Une belle continuité à l’album Only in Dreams sorti l’année dernière. Dee Dee, la charismatique chanteuse, a en effet comme le pouvoir de vous faire voir des horizons orangés une fois les yeux fermés. Avec l’ombre de palmiers en premier plan bien sûr.

Le fond musical des Dum Dum Girls est d’un esprit rétro sixties impeccable, rock’n’roll et indie à souhait. N’allez pas confondre avec l’esprit survolté des Runaways, pensez plutôt à The Vivian Girls avec de l’influence Lou Reed voir Patti Smith.

Un bien joli EP donc, bien que le quatuor nous ai déjà sorti deux beaux albums à écouter sans modération. Attention cependant à cette pointe sombre, ce côté volontaire de fleur fanée, de vieille photographie déchirée qui surprend et change de l’habituel rythme à la Pipettes du groupe.

Je crois que la Messe est dite.

Bat For Lashes : « The Haunted Man ». Approchez, ça ne va pas vous mordre.

31 Octobre rime, comme chacun sait, avec Halloween. L’occasion de faire une slutty party avec ses amis en regardant Paranormal Activity, hmm ? J’ai déjà prévu mon déguisement d’infirmière-salope pour ce soir, merci. Sur un autre registre (qui était en l’occurrence : impérialisme américain, fête païenne, tradition àlakon) je pourrais discrètement vous informer de la sortie des derniers albums de Lorie, Florent Pagny et Raphaël, mais avec eux, la musique française a soudain moins de sex-appeal. C’est pourquoi je vous introduce en ce jour sacrosaint la magnifique Natasha Khan, alias Bat For Lashes.

L’anglaise n’en est pas à son premier opus, plutôt au troisième : hélas, ce n’est pas grâce à moi que vous aurez déniché la nouvelle perle rare indie du mois. Son dernier album, The Haunted Man (deezer) nous change un peu de son habituel ton (car je l’aurais qualifiée, à l’époque, d’une sorte d’Émilie Simon folk/un peu hippie sur les bords/tournée vers des sons mystérieux style juste sortis des entrailles de la terre) avec tout d’abord cette pochette, éminemment sophistiquée dans sa nudité primaire (référence à Ryan McGinley). Au niveau musical, dites vous que tout diamant est fait de simple carbone : et que ce truc là n’a pas l’air d’en jeter, mais qu’il brille de mille feux, en toute simplicité.

Vous aurez droit, au fil des chansons, à différentes tonalités, tantôt électro-pop, tantôt mystiques. Quelques tracks vous donneront peut être l’envie de regarder par la fenêtre, l’air triste, la pluie qui tombe, tandis que d’autres accompagneront des marches rapides et décisives dans des rues froides et bétonnées, vers le partiel/test/khôlle de votre semestre/vie. La voix de Bat For Lashes est ici d’une splendide sobriété, à la croisée des sonorités mélancoliques et joyeuses, tandis que l’instrumental n’en fait (généralement) pas trop. Piano posé, imposant. Ou des touches d’électro sorties de nulle part, mariage étonnant avec des chansons généralement intimistes, secrètes, mais glorieusement accessibles.

Un bijou vous-dis-je.

  • 3 adjectifs : sauvage, posé, profond
  • Les meilleures chansons de l’album : All Your Gold, Marilyn, The Haunted Man
  • Si vous aimez, allez plus loin avec : Zola Jesus, PJ Harvey, I Blame Coco

Previous Older Entries